Digna

D'une promesse à un plan : quelle est la prochaine étape?
Conférence virtuelle de Digna

À propos de la Conférence

La conférence virtuelle de Digna sur comment le secteur de la coopération peut prévenir et combattre l’exploitation et les abus sexuels a eu lieu le 27 janvier dernier.

La conférence a inclus les dirigeants du secteur, les représentants du gouvernement et les champions de la PEAS qui ont discuté de la façon dont nous, en tant que secteur, pouvons prévenir et combattre l’exploitation et les abus sexuels.

Session plénière

Faire face à l'impensable : Prévenir et combattre l'exploitation et les abus sexuels

Nicolas Moyer, président et PDG de Coopération Canada, a ouvert la discussion en commençant par la reconnaissance du territoire des Premières Nations et a appelé au besoin de décolonisation et à aborder la question des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, notamment dans le contexte de la prévention de l’exploitation sexuelle et les abus (PEAS). L’animatrice de la séance et coprésidente du comité consultatif, Mounia Chadi, a présenté les thèmes et les sujets entourant la PEAS et les différentes nuances qui doivent être considérées. Chaque panéliste a ensuite été invité à partager ses expériences, ses perceptions et ses objectifs quant à la mise en œuvre de la PEAS. L’honorable Karina Gould, ministre du Développement international, a parlé de la nature destructrice de l’exploitation et des abus sexuels (EAS) et du rôle du Canada à cet égard; de ses responsabilités, tant au pays qu’à l’étranger, en matière de développement international et d’aide humanitaire. Kate Higgins a présenté les mesures mises en place par Oxfam pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés au sein de leur organisation. Gareth Price-Jones a mis en lumière les défis liés à la mise en œuvre des politiques, à la coordination entre les organisations et à la nécessité d’avoir du personnel adéquat.

Cette première heure de la conférence s’est conclue avec la présentation de la responsable de programme de Digna, Aislynn Row, qui a présenté Digna, son rôle et la façon dont le centre compte aider le secteur.

Citations

SÉANCES EN PETITS GROUPES

Respecter les responsabilités et les exigences de conformité en tant que leader

Dans un espace réservé uniquement aux dirigeants des organisations canadiennes de développement international et humanitaire, plus de 40 dirigeants se sont joints à une discussion sur les façons dont ils peuvent assurer la responsabilité organisationnelle en matière de PEAS. D’abord et avant tout, la responsabilité envers ceux qui bénéficient des programmes et qui y participent. Deuxièmement, en tant qu’organisation, il faut travailler avec les donateurs, les conseils d’administration et les autres structures internationales pour répondre aux attentes liées à la PEAS.

Points clés à retenir:

Étant donné que cette séance visait à permettre un dialogue ouvert entre les dirigeants et Affaires mondiales Canada, elle n’a pas été enregistrée. Cependant, nous sommes en mesure de partager des idées importantes qui sont survenues au cours de la riche discussion:

  • Affaires mondiales Canada prend la PEAS très au sérieux et veut s’assurer que tous ses partenaires se conforment aux exigences en matière de PEAS, car cela permettra une plus grande responsabilisation envers ceux qui bénéficient de l’aide publique au développement dans les pays où leurs partenaires travaillent.
  • Le respect de l’exigence de se doter d’un code de conduite accessible au public qui interdit explicitement l’EAS n’est toujours pas rempli à 100%. Les allégations signalées à Affaires mondiales Canada ont diminué en 2020 par rapport à 2019.
  • Affaires mondiales Canada travaille avec des partenaires canadiens pour s’attaquer à ce problème en plus de participer à des groupes de travail mondiaux pour assurer une collaboration internationale.
  • Les dirigeants d’agence ont réitéré leur engagement en faveur de la PEAS et ont souligné certains domaines sur lesquels collaborer pour s’attaquer aux problèmes systémiques:
    • Privilégier une responsabilité collective qui nécessite des efforts et des ressources collectifs en ce qui concerne les formations, les enquêtes, la gestion du personnel et les mécanismes de signalement des lanceurs d’alerte.
    • Les conseils d’administration ont un rôle à jouer dans la PEAS, notamment concernant les systèmes de responsabilité financière.
    • Veiller à ce que les auteurs d’EAS ne puissent pas se déplacer entre les organisations du secteur.
    • Les gouvernements et la communauté diplomatique dans les pays d’opération doivent être impliqués dans la PEAS.
    • Il faut analyser et répondre collectivement aux tendances générales et spécifiques de la PEAS.

Dans l’ensemble, la conversation a été constructive et a démontré la volonté de faire les efforts collectifs nécessaires pour prévenir et répondre efficacement à l’exploitation et aux abus sexuels, ainsi que l’engagement à le faire en tant que secteur.

Les défis d’adaptation aux contextes spécifiques des petites et moyennes organisations.

Qu’implique le traitement de l’exploitation et des abus sexuels pour les petits organismes? Spur Change et Digna ont créé cette session pour fournir un espace aux petites et moyennes organisations (PMO) pour poser leurs questions, offrir des réponses et discuter des mesures de soutien spécifiques à leur contexte.

La session a commencé par un aperçu des besoins des PMO concernant la PEAS à partir des données collectées dans deux enquêtes différentes. La session s’est ensuite poursuivie avec deux présentations de Videa et de Terres Sans Frontières. Terres Sans Frontières a partagé son expérience et les enseignements tirés de la mise en œuvre des politiques et pratiques de la PEAS. Ensuite, le public a eu l’occasion de participer à un sondage où il a classé ses besoins de formation en matière de PEAS par ordre de pertinence et a expliqué comment Spur Change et Digna peuvent mieux soutenir les PMO.

Formations sur la PEAS par ordre de pertinence par rapport aux besoins des PMO:

Les sujets suivants ont été abordés pour expliquer comment nous pouvons mieux soutenir les participants et leurs organisations dans le cadre de la PEAS:

  • Offrir des possibilités de formation, y compris pour les futurs formateurs tout en utilisant différentes langues pour offrir les formations.
  • Offrir plus de sessions pratiques afin de passer de la politique à la pratique.
  • Rendre les ressources disponibles dans différentes langues.
  • Partagez ce que les autres PMO font qui fonctionnent.
  • Travailler avec des partenaires.
  • Aider à réviser les outils de la PEAS.
  • Possibilité de poser des questions par e-mail et d’obtenir des réponses rapides.

Des expériences de mise en place de la PEAS : les avancées et les obstacles

Personne ne peut s’occuper seul de la PEAS, surtout dans le secteur de la coopération internationale. Cette session portait sur le partage des expériences concernant les avancées et les obstacles pour la protection contre le harcèlement, l’exploitation et les abus sexuels (PHEAS) de cinq organisations.

La discussion a porté de manière globale sur les défis relatifs à l’élaboration, à la mise en œuvre des politiques et à l’adaptation des politiques de PHEAS aux contextes locaux des projets.

La première panéliste était Colombe Fourn, agente de programme responsable de l’égalité des genres et l’engagement public pour le Fonds pour l’innovation et la transformation (FIT). Colombe a présenté la manière dont le FIT fait la promotion de la PHEAS auprès des organismes qu’il finance. Ainsi, le FIT demande aux organismes qui déposent un projet d’être muni d’un politique ou d’un code de conduite en matière de PHEAS. Le FIT constate que les défis reliés à l’établissement et à la mise en œuvre des politiques ou codes de conduite reliés à la PHEAS varient grandement d’une organisation à une autre. Une des problématiques identifiées est que le contexte culturel des partenaires locaux peut être favorable aux situations d’HEAS et rendre leur prévention plus difficile. La mise en œuvre des politiques de PHEAS sur le terrain comporte également plusieurs défis, telles l’adaptation des mécanismes de dénonciation au contexte local et la difficulté de garder la PHEAS au cœur des préoccupations dans le contexte de la pandémie mondiale.

La seconde panéliste était Sophie Bourdon, conseillère en égalité des genres et droits humains du CCISD. Sa présentation nous a amenés à valoriser non seulement l’adoption de politiques et de mécanismes sur la PHEAS, mais aussi à réviser ces politiques et mécanismes sur une base régulière au fur et à mesure de nos apprentissages. Sophie a souligné l’importance d’aborder le sujet de l’observation et de l’écoute dans les cas de PHEAS puisque 70% des survivantes ne signalent pas les cas de violence sexuelle. Elle nous a invités à développer des mesures basées sur les droits de la personne afin de mettre en lumière les relations de pouvoir dans les sociétés et de chercher à transformer ces relations.

La troisième panéliste était Caroline Leblanc, conseillère égalité genre pour SOCODEVI. Sa présentation s’est concentrée sur le processus de création de formations sur les PHEAS qui est en cours chez SOCODEVI. Caroline a expliqué que le but des formations était de s’assurer que leur personnel soit adéquatement outillé pour agir rapidement en situation de PHEAS. La mise en œuvre de la politique de PHEAS via la création d’une formation amène plusieurs défis chez SOCODEVI qui sont liés par exemple au fait qu’il existe six langues de travail dans leur organisation et qu’il faut adapter les formations à différents contextes locaux.

La quatrième panéliste était Ariane Duplessis, chargée de programme chez Equitas. Sa présentation montre comment Equitas a fait le pont entre la politique et la pratique, donc comment on peut mettre œuvre les politiques de PHEAS dans les projets de coopération internationale. Equitas a choisi de créer des lignes directrices qui comprennent des outils et une liste de vérification de mesures qui doivent être mise en place avant et pendant les activités des projets. Equitas a transmis ces lignes directrices à son personnel et à ces organismes partenaires tout en favorisant le dialogue avec ces derniers sur la politique et sur les mesures à mettre en place dans les activités des projets. Equitas a créé un projet pilote dans cinq pays afin d’évaluer l’efficacité des lignes directrices et de la mise en œuvre des politiques de PHEAS dans le projet pilote tout en recueillant les commentaires du personnel afin d’améliorer ces politiques.

La dernière panéliste était Cecilia Thompson, chargée de projet chez CECI. Sa présentation a identifié les enjeux liés à l’adaptation des politiques de PHEAS aux cultures des pays dans lesquels ces politiques sont mises en œuvre. Par exemple, il est impératif de bien saisir le contexte national, puisque des termes tels «harcèlement sexuel» ont des définitions différentes en fonction du contexte culturel dans lequel ils sont employés. La formation sur la politique de PHEAS doit aussi être adaptée au contexte local et à la culture locale en utilisant des exemples issus des communautés locales, puisque leurs rapports de pouvoir et de privilège peuvent être différents, voire plus forts dans certains pays. Finalement, dans la mesure où les conséquences et les sanctions de HEAS peuvent contrevenir aux normes d’acceptation sociales locales, il est impératif d’accompagner les politiques d’une éducation afin de montrer pourquoi ces politiques sont essentielles. 

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